Journée Internationale de presse 03/5
Titres :
a)Introduction
b)La liberté d’expression en territoire de Rutshuru, année 2006, année de la renaissance médiatique.
c)La presse et les élections en milieu rural : cas de Rutshuru/ RDC
d)La journée de la liberté de presse et les mouvements des populations en territoire de Rutshuru , de janvier à avril 2006.
e)Recommandations.
1. Introduction
Pendant qu’à Goma, Chef- lieu de la province du Nord- Kivu/ R D Congo, les chevaliers de la plume et des sons, toutes catégories confondues, échangent au tour de la question : Presse et la réduction de la pauvreté au Nord- Kivu, en territoire de Rutshuru cette journée semble est dominée par les recensements des déplacés des guerres.
Les journalistes et animateurs de deux radios opérationnelles dans le territoire, à savoir la Radio Communautaire Ushirika, Racou – Fm et la radio la Colombe, se préoccupent de la couverture des évènements de Katwiguru.
Toutefois, certains journalistes de la Racou- Fm ont fait circuler le micro parmi les auditeurs pour savoir ce qu’ils pensent de la liberté de presse en R D Congo / Territoire de Rutshuru par rapport au processus électoral qui va se solder par l’installation du gouvernement des élus !
Il faut le rappeler, la Racou – Fm , depuis octobre 2003, a connu des sinuosités dans son parcours ! Les essais suivis des fermetures, les dénonciations qui ont caractérisé la solidarité entre les médias de proximité, les radios associatives et communautaires d’abord puis les chaînes internationales. La Racou- Fm émet maintenant sur un rayon non négligeable et ses radios clubs augmentent aux jours les jours.
Cette présentation résume en quelques mots le triangle : journalistes de proximité/ ruraux, les populations en situation difficile et l’espace médiatique.
2. La liberté d’expression en territoire de Rutshuru, année 2006, année de la renaissance médiatique.
L’année 03 mai 2005- 03 mai 2006 est proclamée année rouge pour les journalistes. Plus de 60 cas des morts sur le globe terrestre, c’est vraiment inquiétant. En RD Congo des cas d’arrestation des journalistes ont été dénoncés par reporters sans frontière, partenaire de JED « Journalistes en Danger ». Le président de la République, Joseph Kabila Kabange a été contacté par Reporter Sans Frontière pour savoir ce que le gouvernement pensé de ce système liberticide qui sévit en RDC dans le monde des journalistes, réclamant en même temps l’enquête sur l’assistanat de notre confrère de Kinshasa.
« JED rejette l'hypothèse d'un crime crapuleux et exige, toutes affaires cessantes, la mise sur pied d'une commission d'enquête mixte Journaliste en danger (JED), organisation indépendante et non partisane de défense et de promotion de la liberté de la presse et Réseau d'alerte de l'OMAC (Organisation des Médias d'Afrique Centrale), exprime sa très vive consternation à la suite de l'assassinat, jeudi 03 novembre 2005 vers 1H00 du matin (heure de Kinshasa), du journaliste FRANCK NGYKE KANGUNDU, 52 ans, responsable de la rubrique politique du quotidien "La Référence Plus", paraissant à Kinshasa, et de son épouse, Hélène Mpaka. Selon les témoignages recueillis par JED sur le lieu du crime à Kinshasa/Mombele, Ngyke a été abattu, à bout portant, d'une balle dans la poitrine, par trois hommes cagoulés en tenue civile qui l'attendaient devant sa résidence. Le journaliste revenait de sa rédaction à Kinshasa/Kasa-Vubu où l'a rejoint son épouse. C'est au moment où il s'apprêtait à refermer le portail de sa résidence après avoir garé la voiture que les assaillants ont surgit de l'obscurité et ont forcé l'entrée en tirant à deux reprises dans le portail. Une fois à l'intérieur de la parcelle, ils ont tiré sur l'épouse du journaliste qui tentait de s'échapper. Ngyke leur a proposé de prendre de l'argent et même la voiture pour lui laisser la vie sauve. Les assaillants lui auraient rétorqué qu'ils ont été envoyés pour le tuer. Sur ces entrefaits, ils ont tiré sur le journaliste avant d'emporter les téléphones portables. Un des fils du journaliste, Djoudjou Kangundu, 23 ans, qui tentait de voler au secours de son père a été aussi atteint par une balle à l'épaule et se trouve à l'hôpital. Un des neveux du journaliste qui a couru au poste de police le plus proche pour chercher de l'aide s'est entendu dire par ces derniers qu'ils ne disposaient pas de crédits dans leurs téléphones pour alerter l'équipe d'intervention. Eu égard à ce qui précède :
a) JED rejette l'hypothèse d'un crime crapuleux dans la mesure où les assaillants n'ont emporté aucun bien de valeur et ont même refusé de prendre l'argent et la voiture proposés par le journaliste;
b) JED demande au gouvernement de constituer, sans délais, une commission mixte et indépendante d'enquête pour retrouver les auteurs, les commanditaires et le mobile de cet ignoble assassinat, d'autant plus que les assaillants ont clairement indiqué qu'ils étaient envoyés pour tuer le journaliste laissant ainsi penser à l'existence d'une industrie du crime à Kinshasa;
c) JED constate que de plus en plus les journalistes sont les cibles des personnes qui n'acceptent pas la critique ou la contradiction et dénonce le laxisme du gouvernement face aux multiples appels lancés en vue de la protection physique des journalistes et autres défenseurs des droits de l'Homme;
d) A titre illustratif, JED s'étonne du silence qui entoure la séquestration, depuis une semaine, de Jean-Marie Kanku, Editeur-Directeur du journal l'Alerte, dans un local de l'ANR (Agence Nationale de Renseignements) et prend à témoin l'opinion nationale et internationale sur ce cas flagrant d'abus de pouvoir;
e) JED rappelle aussi la tentative d'assassinat dont a été victime à Lubumbashi le 28 mai 2005, Jean Ngandu, journaliste de Radio Okapi et pour laquelle aucune suite n'est connue. » D'après reporter sans frontière.
En territoire de Rutshuru, personne n’a besoin de le prouver, la liberté d’expression était et reste liée à la restauration de l’autorité de l’Etat. Nous l’avions réclamé en octobre 2003, et pourtant des fanatiques des tels nous prenaient en opposants de certaines autorités étatiques. La permutation des administrateurs territoriaux en RD Congo a arrangé certaines situations. Celle-ci a contribué également à la compréhension de l’affectivité de l’unité du pays. Les médias diabolisés en ont également profité pour respirer.
En septembre 2005, le Ministre de Presse et Information met sa dernière main sur l’autorisation de diffusion de la Racou - Fm. Pendant le même mois, le Division Provinciale de Presse et Infos Nord – Kivu , après la mission d’évaluation de la Racou – Fm, autorise également la Racou- Fm. Les radios communautaires n’étant à mesure de se payer des récépissés de 5000 $ USD , le RATECO se paye l’acompte en faveur de ses membres. Le (la) propriétaire de la radio la Colombe quant à lui (elle) arrive à verser ce montant. Rutshuru compte maintenant trois radios en règle : Racou- Fm, la Colombe et Dorika Fm à Nyamilima. Dorika Fm connaît des problèmes d’équipement de diffusion mais de bat pour les avoir avant la campagne électorale. Pendant cette période d’opérations militaires FARDC contre les ex- FAR et FDLR dans le Binza, Dorika Fm se prépare tant soit peu pour installer un émetteur artisanal que le CA de la Racou- Fm vient de lui céder avant qu’elle ne réunisse les moyens.
Le Projet Radio Salama de Kibirizi , Rasaki, reste au stade embryonnaire. Il lui faut réunir les documents administratifs avant les campagnes électorales. Dans le cas contraire, nous pensons que les conditions seront plus contraignantes dans le gouvernement à venir. Entre temps, la population de Kibirizi se contente de la Racou- Fm.
3. La presse et les élections en milieu rural : cas de Rutshuru/ RDC.
Au cours de renforcement des capacités des journalistes du Nord – Kivu dans la couverture médiatiques des élections à l’ hôtel Ihusi/ Goma, atelier organisé par l’ambassade des Etats-Unis / Kinshasa, animé par Ferdinand Ferella de la VOA et Claude Ntumba de la radio Okapi Kinshasa, les journalistes de la Racou- Fm, par leurs reportages, ont démontré que la plupart des paysans ne maîtrisent pas les étapes du processus électoral. Il y a un travail de fond à faire.
La CEI , Bureau de Liaison Rutshuru, les ONG locales et les radios doivent prendre au sérieux cette problématique. L’implication de chacun dans son auto formation pour arriver à atteindre la base est une condition sine qua none pour la réussite des élections en territoire de Rutshuru.
Il faut l’avouer, les partis politiques en R D Congo méconnaissent leur mission envers leurs militants ! Ce sont des partis mouvementés lors des accueils de leurs présidents, la distribution des tee-shirts et des pagnes. La question d’analphabétisme de leurs militants, l’ignorance du contenu de la constitution et de la loi électorale ne les préoccupe pas !
La Racou Fm s’efforce pour diffusion des émissions de la Cei, du Centre Lokole, de Amnisty International … pour aider ses auditeurs à s’approprier des notions sur le processus électoral.
4. La journée de la liberté de presse et les mouvements des populations en territoire de Rutshuru , de janvier à avril 2006.
L’instabilité dans le territoire de Rutshuru est à la base de la pauvreté. Sans revenir à la guerre de 1994 du Rwanda qui a causé le déplacement des populations et celle de 1996 qui est à la base de plusieurs cas de massacres, celle de 1998 qui a accentué les cas des violences sexuelles faites aux femmes et enfants, les affrontements entre les militaires de la 5e brigade intégrée et la coalition Laurent Nkunda et 83e brigade non intégrée ont déstabilisé de plus les paisibles citoyens de Rutshuru.
Depuis samedi après midi, la population de Binza ( Buramba et Kisharu) vit dans la psychose. Les assaillants armés après avoir pillé les biens des passants qui revenaient du marché de Kisharu entre 11h00 et 16h00 de ce samedi passé, se sont enfuis dans les brousses de Kisharu. La même nuit vers zéro heure, ils ont attaqué la position militaire de Kisharu tuant ainsi un capitaine, son garde de corps et blessant sa femme. Dimanche, il y dégradation de la situation, une attaque contre les positions militaires de Nyamilima explose et la population civile ne sait plus sur quel sens se vouer. Le lundi se sont les FARDC qui se vengent contre les civils et il y a mouvements des populations qui s’observent sur la route Kiwanja – Nyamilima.
Les journalistes ruraux, devant cette situation, ont préféré parler des sources d’information. Ceci est lié à la collecte des informations avant le traitement et la diffusion.
Il faut savoir confronter les sources, le Directeur a souligné, avant de les diffuser. Le déplacement des populations est lié à la situation sécuritaire. Les journalistes doivent contacter les autorités militaires et la Monuc. Ils ne doivent pas seulement se fier sur les informations de la rue. La règle de 5 « W » doit être suivie : qui, où, quand, quoi, pourquoi.
Les autorités de la place accusent les journalistes d’être moins efficaces. Ils de problèmes linguistiques : accords, prononciation, mauvaise lecture, plaisanterie …. Elles leur recommandent d’améliorer leur façon de diffuser pour répondre aux des auditeurs. Ceci est le conseil du comandant de l’Etat major de la police en territoire e de Rutshuru.
Les déplacés de Rutshuru/ Binza, les déplacés de Kibirizi, de Mirangi sont autant des personnes qui ne s’expriment sur les micro des journalistes pour se faire entendre. Comment vont-ils participer aux élections ? Ce dossier de reportage a été développé va être diffusé dans son intégralité sur la Racou – Fm , à 19h45.
5. Recommandations
• Les stratégies de renforcement des capacités des journalistes en production des émissions radio diffusions est une condition pour la réussite de la mission des radios communautaires en territoire de Rutshuru ;
• Renforcer les équipements des radios ( pour la Racou- Fm , construction d’un pylône, émetteur puissant pour Dorika Fm, ..) ;
• Renforcer des échanges entre les journalistes des radios rurales et les autres des chaînes privées.
• Créer un centre d’auto formation des journalistes de Rutshuru : installation d’un cyber café par exemple.
• Valoriser les métiers par les subventions en faveurs des radios rurales. Exemple : racou – fm réalise difficilement 10$ par semaine et à une équipe de quinze personnes (journalistes et animateurs) permanents.
Fait à Kiwanja, le 03 mai 2006.
Pour l’ARCO – Nord Kivu
Jean Baptiste KIYANA
Directeur de la Racou- Fm