CAMPAGNE ET SCRUTINS
LA CAMPAGNE DANS L’INSECURITE
EN TERRITOIRE DE RUTSHURU
A deux semaines des scrutins, il nous faut évaluer la façon dont se déroule la campagne électorale en territoire de Rutshuru, où nous sommes à la fois journaliste, observateur des élections et responsable des radios communautaires pour le compte de l’ ARCO au Nord- Kivu et surtout chef d’antenne de la synergie des médias pour Rutshuru et Lubero Sud.
Tout a commencé timidement. Les candidats semblent ne pas être mobilisés pendant les deux premières semaines lorsque d’un coup, des coups d’envoie des partis politiques dont les responsables sont basés à Kinshasa se sont présentés tour à tour à Rutshuru. Les fanfares , les danseurs traditionnels et orchestres modernes sont là les moyens utilisés par plusieurs candidats.
Les candidats locaux n’ont pas de moyens, ils comptaient sur les moyens promis par leurs partis politiques a déclaré, Monsieur BISIKA ISEMANGO Firmin du PALU qui n’a pas encore commencé sa campagne et qui décide de changer d’intention. Les présidents des partis politiques ont adopté avec la Haute Autorité des Médias à Kinshasa une tarification exorbitante qui ne permet pas « aux petits candidats d’émerger » a-t-il poursuivi.
Cette situation crée une insécurité au sein des partis au desquels des défections sont observées : Exemple : Bariyanga Rutuye Léon de la DCF- COFED rejoint Jean Luc Motokambali , candidat indépendant. Elle favorise l’esprit divisionniste voir ethnique au niveau des partis selon que le président du appartient à telle ethnie et le candidat lésé à une autre ethnie !
Jusqu’à hier midi des cas majeurs d’incident, n’étaient pas encore observés. Sauf la situation du lundi passé où les jeunes de Bunyangula / Rutshuru ont projeté des pierres contre le convoie de Vunabandi Célestin, candidat à la députation nationale. Cependant, il y avait des cas qui ne visaient pas les candidats : assassinat d’un motard à 18h00 à Kako, la découverte de la dépouille du pasteur de la FEPACO Bunagana après dix jours d’enlèvement, l’extorsion et actes d’intimidation dont sont auteurs les militaires de la 9e brigade intégrée en installation en territoire de Rutshuru, assassinat d’ un civil de Bweza sur la route de Ntamugenga par le caporal KAPETI de la 9e brigade intégrée et qui se trouve à la prison de la Police nationale congolaise de Kiwanja / Rutshuru. Tous actes enregistrés dans une seule journée du jeudi, 13 juillet. La Radio Ushirika ( RACOU – Fm) a organisé des micro baladeurs auprès des victimes et l’hiérarchie militaire se sentit interpellée jusqu’ à la formulation des excuses auprès de la population qui se préparait déjà à une marche de contestation de cette 9e brigade refusée à Walikale et à Lubero- Beni. La cité de Kiwanja et Rutshuru centre seront sécurisés , a déclaré le Chef d’Etat Major de la 9e brigade intégrée sur les antennes de la Racou –Fm.
Malgré cela, les candidats s’inquiètent de la situation sécuritaire en territoire de Rutshuru. Hier, à 15h30, pendant qu’il battait campagne au marché de Mugogo, Monsieur Jean – Luc Mutoka Mbali , ancien journaliste de la radio Okapi, émission DDRR « Gutahuka », candidat à la députation nationale a attaqué. Des mortiers et roquettes ont été lancés par les hommes non identifiés en tenue training contre les civils qui l’écoutaient ! Le bilan jusqu’à présent fait étant de sept morts et plus de 30 blessés. Jean- Luc serait épargné et se trouverait dans les montagnes surplombant Mugogo où il attend le secours soit de la MONUC soit de FARDC.
Rappelons que Mugogo se situe dans la même chaîne que Jomba à la frontière Ugandaise où des insurgés favorables à Laurent Nkunda se positionnent depuis les événements de janvier, une offensive lancée aux contre la 5e brigade. Des cas d’insécurité soulevés ici sont enregistrés dans cette contrée dans trois groupements : Busanza, Binza, Kisigari, Bweza et Jomba.
Nous recommandons à la FARDC et la MONUC de sauver Jean- Luc Mutokambali qui ne saurait pas atteindre la cité de Kiwanja. Il faut une force musclée capable de faire face à la force des insurgés positionnés dans les forêts de Mugogo et Jomba.
Monsieur Katembo Mzee, candidat à la députation nationale, dénonce également l’attentat dont il serait victime la nuit d’hier. Huit hommes armés et en uniformes sont venus à son domicile , le cherchant. Dieu merci, Mzee n’a pas passé la nuit à la maison chez- lui.
Ces cas inquiètent les électeurs et les candidats qui se demandent comment vont-ils participer aux élections. D’autres cas similaires sont rapportés dans le territoire de Masisi. FARDC et la MONUC doivent se mobiliser pour changer cette situation.
Depuis Rutshuru
Jean Baptiste KAMBALE K.
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