Cooptation de 4 chefs coutumiers au Nord- Kiv
L’Assemblée Provinciale coopte les quatre chefs coutumiers : Tribalisme ou observation des
racines traditionnelles ?
Depuis le début du mois de décembre les chefs coutumiers se sont mobilisés pour arranger leurs dossiers en vue de la cooptation de quatre d’entre eux comme députés provinciaux. Pendant les élections, seuls 38 députés étaient élus alors qu’il en faut 42 à l’assemblée provinciale, selon les annexes de la loi électorale. La reconnaissance des mandats des coutumiers relevant de la compétence du Ministère de l’Intérieur, la CEI appuyée par PNUD/APEC et la section électorale de la MONUC avait pris du temps pour expliquer la procédure aux candidats.
Les candidatures de certains chefs coutumiers ont été déclarés irrecevables par la CEI. Il fallait avoir son arrêté ministériel pour être reconnu chef coutumier. Un Chef coutumier refusé qui a été interrogé par la radio Okapi a déclaré que la reconnaissance du Chef traditionnel repose sur sa population et ses médailles.
Réunis au lycée ChemChem – Goma , du 21 au 22 décembre 2006, les chefs coutumiers ont choisi six d’entre eux à raison d’un seul par territoire puis quatre entre les six. Ils ont fait rapport à la CEI qui à son tour devait procéder par l’élaboration du procès verbal à transmettre à la cour d’appel, à l’assemblée provinciale.
Monsieur Paul Ndeze, le Mwami de Bwisha et Butsitsi de Bukumu/ Nyiragongo qui se sont senti lésés ont recouru à la justice. Que cette dernière tranche en faveur d’un tel, la CEI a poursuivi sa course. Trois jours avant la cooptation, elle a déposé le PV, la liste de quatre chefs coutumiers retenus, la Constitution et la Loi électorale aux parlementaires.
Pas de solidarité dans l’irrégularité, a dit le formateur de la plate- forme Tradition et Paix, Groupe Wangeβe Goma, Monsieur Kawele wa Mulumba de Goma. Les autres chefs reconnaissent que l’on ne peut pas remplacer un chef coutumier vivant. Même le RCD qui voulait modifier les choses où il contrôlait pendant la rébellion en remplaçant les vrais chefs coutumiers reconnaît l’irrégularité des chefs qu’il plaçait et n’a pas le temps d’appuyer leurs démarches de recours, a-t-il ajouté.
Lundi, 08 janvier 2006, la plénière de cooptation a été très émouvante car elle était la dernière instance qui devait accueillir les quatre chefs coutumiers et entre temps mettre fin aux faux espoirs de chefs coutumiers candidats malheureux.
Quatre parlementaires sur 37 siégeant à l’assemblée provinciale ont manifesté leur contestation non seulement de la procédure mais aussi de non prise en compte de la représentativité ethnique dans la cooptation de quatre chefs traditionnels. Les législateurs, après huit motions, ont compris qu’il fallait rester le modèle de la séparation des pouvoirs (Législatif, judiciaire et exécutif).Les députés ne doivent pas se substituer à la cour d’appel, a dit l’honorable Kalwaghe.
Les circonscriptions électorales telles que Rutshuru et Nyiragongo sont omises en faveur de Lubero, Beni, Masisi et Walikale s’exclame l’honorable Kayisavira Mbake. Il faut tenir compte de la sensibilité. Il faut lire la Loi qui stipule qu’il faut tenir compte de la représentativité ethnique , a ajouté l’honorable Maître Jules Hakizumwami.
Les territoires de Lubero et Beni disposent de 22 députés, Rutshuru et Goma ont ajouté 3 d’où 25 nande siègent au parlement provincial. Sur quatre cooptés, il y en a deux encore pour Beni – Lubero. Ne faut- il pas suspendre les activités de cooptation en attendant que la cour se prononce ? Paul Ndeze s’est porté comme candidat alors qu’il pouvait représenter son père ce qui est légal ! dit Maître Kambale, Chargé des contentieux à la CEI- Nord/ Kivu. La démocratie a ses réalités, il en est de même au Côte d’Ivoire où quand une minorité ne sait pas se positionner par les élections crie tout haut au tribalisme, a-t- il renchéri.
Il ne faut pas parler du tribalisme là où il ne faut pas le dire. Il y a quatre sièges pour la cooptation, il y a six territoires au Nord- Kivu et il y a 13 ethnies. Comment peut-on tenir compte de la représentativité ethnique dans ce cas de cooptation ?Mashali Kapupa est de Beni et il est mbuba et non nande, Bahati Kahembe de Masisi est hunde, Kahindo Nzanzu Bonane de Lubero est nande et Kabutwa Djuma Bisombya de Walikale est nyanga a dit Monsieur Ngalyavusa du Bureau Provincial de la CEI Nord- Kivu.
Ce sont les premières élections en RDC, après cinq ans, les peuples congolais auront compris qu’on n’élit pas son ethnie mais l’on considère la compétence.
Jean Baptiste KAMBALE
Rcou- Fm./ RDC